Home staging : du concret

laune_sem12-10_2.jpglaune_sem12-10_2.jpgSuite du dossier sur le home staging, une technique qui gagne du terrain dans le monde immobilier. Cette semaine : un cas concret : Eléa C. Après des mois d’attente - et peu de visites -, la jeune femme est impatiente de vendre son bien. Pour y parvenir, elle fait appel aux services d’une home stager.

Magali Quenon s’est lancée dans le home staging il y a quelques mois. Formée à Paris, elle a vu le  nombre de home stagers se démultiplier. Pour elle, il est devenu important d’apporter une touche personnelle au travail pour se distinguer. Equipée de ses outils (appareils photos et autres objets décos), la voilà qui frappe à la porte de sa cliente, Eléa  C.

Un avis extérieur

Première étape. Magali visite les lieux et établit un diagnostic. Le service est à la carte, précise-t-elle. Les personnes qui font appel à mes services peuvent choisir la formule la plus adaptée à leur budget. A cet instant, Eléa C. peut mettre fin à la rencontre et choisir uniquement d’appliquer les suggestions apportées par Magali. La propriétaire refuse. La rencontre se poursuit : Je procède maintenant au désencombrement des pièces, détaille la home stager. Prendre une photo avec des pièces qui ne sont pas rangées ne met pas le bien à son avantage. Dans le cas d’Eléa, l’étape est courte : la maison est bien tenue.

Tout doit disparaître

Etape suivante : la dépersonnalisation des lieux. Le visiteur doit projeter sa vie dans l’habitation, et non devenir le spectateur de celles des anciens locataires, indique  la jeune femme.  Avant de retirer certains objets (décoratifs ou vestiges des fêtes de fin d’année), portraits de famille, les vases, elle annonce à Eléa: Nous allons travailler autour de deux nuances: le rose et le gris. Elle déplace ensuite la table basse: La circulation des visiteurs doit être simplifiée. Avant de développer: Dans certaines maisons, je dois complètement revoir l’agencement des meubles, et même leur destination La salle à manger devient le salon ou inversement. Les détails qui tuent: les têtes de cerf ou les portraits trop dénudés et les rideaux trop fleuris. A enlever, à enlever! plaisante la home stager.

Entrer dans la lumière

Ma prochaine action est d’obtenir la meilleure harmonisation des lieux en redisposant des objets, en ajoutant quelques touches de couleurs par-ci, par-là et surtout, de mettre en évidence les atouts parfois oubliés de la maison. Dans le cas d’Eléa, Magali joue la très grande simplicité. Pas besoin d’en faire trop mais elle est à la recherche d’une chose : De la lumière, il faut plus de lumière. laune_sem12-10_4.jpgPour cela, elle ouvre les tentures et toutes les lumières. Prenant même le soin d’allumer quelques chauffe-plats pour apporter une ambiance intimiste et chaleureuse aux pièces. Il faut jouer le côté séduction et idéalement provoquer le coup de cœur des visiteurs.
Elle complète ses explications : Parfois, il est judicieux de repeindre des murs aux tons vifs et/ou foncés au profit de couleurs neutres. Il est surprenant de redécouvrir ainsi des pièces agrandies, plus lumineuses. Il est indispensable de procéder aux petites réparations. Un robinet qui fuit et il est fréquent de voir les visiteurs prendre la fuite.
laune_sem12-10_3.jpgUne fois les pièces illuminées, Magali procède aux photos qui vont donner envie aux acquéreurs potentiels de passer l’étape de la découverte sur support papier ou numérique et d’aller voir, en personne et sur place, la magie d’une habitation.
Avant de repartir, Eléa est conquise: La rencontre s’est bien passée, je redécouvre mon bien. A tel point que dans les jours qui ont suivi, coup de théâtre: Eléa a changé d’avis. Elle rappelle Magali et lui annonce satisfaite : Je garde ma maison, elle est trop belle !

Sandra Zatloukal
Site Internet: http://www.switch-home.be

Du neuf dans la profession : le hom staging

homestaging.jpgLe Home staging consiste à mettre en valeur un bien immobilier de permettre aux particuliers et aux agents immobiliers d’en accélérer la location ou la vente. Développée dans les années 70, cette technique est courante en Amérique, en Angleterre, dans les pays nordiques et en France. La Belgique va-t-elle suivre la tendance? Le nombre de home stagers s’est multiplié. La pratique reste néanmoins peu utilisée par les particuliers et les agences immobilières.

Le home staging a été créé par l’Américaine Barb Schwartz. L’agente immobilière s’est trouvée incapable de vendre un bien. Au terme de sa réflexion, elle réalise un travail de mise en valeur de la maison. Un mois plus tard, elle parvient enfin à se séparer du bien. Depuis, la pratique est devenue incontournable aux Etats-Unis. Elle peine à conquérir le Vieux-Continent même si la France l’a adoptée récemment.

La réalité du marché

Le home staging a son lot de réticents. Les vendeurs hésitent à débourser des frais supplémentaires pour un bien qui va être bientôt vendu et quitté. Les spécialistes en immobilier, quant à eux, sollicités de façon régulière, ont parfois vu défiler dans leurs installations de nombreux home stagers improvisés aux compétences limitées. Le home staging représente une stratégie marketing efficace et éprouvée.
De façon générale,  l’acheteur décide d’acquérir - ou de louer un bien - dans les 90 premières secondes de la visite. Encore faut-il que cette étape soit franchie.
Les acheteurs visitent de moins en moins: ils sont mieux informés - grâce aux sites Internet - et font une sélection rapide en fonction des photos. D’où l’importance et l’intérêt d’avoir un bien valorisé en créant une légère mise en scène, et en misant sur des atouts qui, au fil des années, ont été oubliés. Comme une terrasse agréable ou une belle cheminée. Voilà la première mission du home stager: permettre à un  bien de se démarquer parmi les ceux proposés sur le marché.

Les clefs de la réussite

Lors de la visite, il est nécessaire que les acheteurs en aient pour leur argent. Le home stager a pour mission que le bien plaise au plus grand nombre. Pour y parvenir, il travaille sur différents points: désencombrer et dépersonnaliser les pièces, disposer de façon judicieuse les meubles, harmoniser le décor et créer une ambiance.
Le visiteur doit pouvoir visualiser son propre projet de vie. Il est venu pour apprécier un bien: les murs, l’espace dont il va bénéficier, la façon dont il va agencer son intérieur. Il est important qu’il se place dans le temps et dans l’espace.
Il convient de le laisser en dehors de la vie des habitants encore présents: aucune référence à leur vie, leur personnalité ou leurs goûts ne doivent apparaître. Un rien peut mettre mal à l’aise l’acheteur et faire capoter la vente ou la location.

Pour quels avantages?

Le home staging représente un investissement avec un retour rapide au moment de la vente. Il est même possible d’en retirer une plus-value. Le home staging a déjà montré son efficacité: les délais de vente sont raccourcis. Quant aux spécialistes en  immobilier, des ventes rapides et réussies sont autant de points marqués pour leurs futures prestations. Si, en tant que particulier,  l’envie de confier la location ou la vente d’un bien à un professionnel se fait sentir vient, il peut être utile de se renseigner auprès du prestataire de service si la photo ou home staging sont inclus dans le service. A défaut, il est possible de simplement lui demander si une telle collaboration est envisageable. Les chances de se débarasser du bien n’en sont que plus grandes.
Dernière question: à quoi reconnaît-on un bon home stager? De par ses connaissances, ses trucs et astuces, un bon home stager va réussir à faire le maximum avec le minimum.

Sandra Zatloukal.

L’accueil des victimes: faire le deuil de la violence

pmpv_laccueil.jpgDernier article d’une série consacrée à l’accueil des victimes…

L’accueil des victimes; avant le milieu des années 90, l’offre en la matière était absente. Il a fallu des drames judiciaires pénibles pour qu’une procédure de soutien et d’aide aux victimes et leurs proches soit mise en place. Celle-ci se divise en trois volets : le service d’assistance aux victimes (aide sociale de première ligne) proposé par les zones de police,  le Service d’accueil des victimes du Parquet (aide  proposée pendant la durée de la procédure) et le Service d’aide sociale aux justiciables pour l’aide de longue durée.

L’ASBL Résilience, Service d’aide sociale aux Justiciables, est une association basée à Mons. Se composant de  cinq personnes, ce service gratuit et confidentiel accueille les victimes et les auteurs (non incarcérés) d’infractions pénales. Dans ce cadre, l’équipe psychosociale est souvent amenée à accompagner des victimes de violences intra familiales ou conjugales.

Un travail à moyen et long terme

BAV, SAV, maison de justice, quelles sont, pour leur part, les spécificités de l’asbl montoise? Réponse avec Deborah Barbarossa, la coordinatrice: Elles se situent à plusieurs niveaux. D’abord, nous ne sommes pas un service de première ligne, qui intervient dès qu’il y a une situation d’urgence. Nous arrivons plus tard. Nous sommes une structure d’aide à moyen ou long terme et ne travaillons pas sous mandat de la justice; ce qui signifie que nous pouvons intervenir à la demande de la personne elle-même. L’équipe, composée de deux psychologues, de deux assistantes sociales et d’une coordinatrice, propose une aide psychologique et sociale. Menant aussi des collaborations avec les différents partenaires actifs dans le secteur.

Une prise en charge complète

Les travailleuses sociales s’intéressent en premier lieu à l’analyse de la demande et à l’expression de celle-ci. Nous abordons les conséquences de l’infraction pour la victime et ses proches et relevons avec les usagers les effets liés à l’infraction vécue.
La pluridisciplinarité du service leurpermet une prise en charge globale du bénéficiaire: Nous traitons l’impact psychologique de l’événement sur la personne et la soutenons dans toutes les conséquences concrètes de celui-ci, notamment par un travail d’information et d’accompagnement concernant les démarches administratives à effectuer.
La coordinatrice ajoute: Au long du suivi, nous amenons la personne à (re)trouver ses compétences, développer ses ressources et regagner sa place dans la société, dans sa famille, (re)construire son réseau social. Nous favorisons l’accès aux ressources dans l’entourage, l’accès aux différentes structures pouvant intervenir pour des problèmes concrets. Quelques exemples: l’anecdote, les paraboles, l’expérience d’autres patients, la lecture de romans comme “prescription” thérapeutique, la portée des images, les actes symboliques.

Victime: non-coupable

La reconnaissance de la souffrance et de la victimisation est importante : Pour la victime, la situation est devenue banale. Dans son récit, nous entendons beaucoup de culpabilité: si elle a reçu une gifle, c’est parce qu’elle avait fait cela ou dit telle chose. Il faut déprogrammer tous ces modes de réflexion.
Cette étape de reconnaissance et d’information est un préalable à un autre des objectifs de l’équipe: permettre à la personne de sortir de sa position de victime et reprendre le contrôle sur les événements.

L’argent, le nerf de la bataille

L’urgence à traiter se situe parfois au niveau des conséquences financières de l’infraction. Une victime qui se retrouve hospitalisée à moyen ou long terme suite à des coups et blessures, entre autres,  doit faire face à des dépenses imprévues. Nous pouvons donc accompagner la personne dans les démarches à effectuer auprès de différents organismes. A ce niveau, la particularité de notre service est notamment la constitution de dossiers pour la Commission d’aide financière aux victimes d’actes intentionnels de violence, le Fonds 85, annonce Déborah Barbarossa. Il apporte enter autres une aide financière aux personnes obligées d’assumer des soins de santé suite aux faits dont elles ont été victimes. Les membres de Résilience aident les bénéficiaires à constituer leur dossier et les accompagnent dans les démarches. En 2009, 24 dossiers ont été ouverts par le service.

Les temps changent

Comme le BAV, l’asbl Résilience fait partie de la Plateforme d’arrondissement de Mons qui lutte contre les violences faites aux femmes. Un bon moyen selon la coordinatrice de faire avancer un sujet qui commence à être débanalisé, tant au niveau des pouvoirs policiers, législatifs ou judiciaires. Il est loin le temps où une femme battue voyait des étrangers leur expliquer qu’une correction bien appliquée ne faisait de tort à personne!

Asbl Résilience, avenue de l’Hôpital 54 à Mons. Courriel : asj.mons@skynet.be. Rens. 065/35.53.96 ou 0473/75.58.12.
Sandra Zatloukal

L’accueil des victimes : la maison de justice

Troisième article d’une série consacrée à l’accueil des victimes…

L’accueil des victimes; avant le milieu des années 90, l’offre en la matière était absente. Il a fallu des drames judiciaires pénibles pour qu’une procédure de soutien et d’aide aux victimes et leurs proches soit mise en place. Celle-ci se divise en trois volets : le service d’assistance aux victimes (aide sociale de première ligne) proposé par les zones de police, le Service d’accueil des victimes du Parquet (aide proposée pendant la durée de la procédure) et le Service d’aide sociale aux justiciables pour l’aide de longue durée.

La Maison de justice est une institution publique dépendant du gouvernement fédéral, présente dans chaque arrondissement judiciaire. A qui s’adresse-t-elle ? Aux victimes d’un délit et à leurs parents, aux personnes concernées par un accident de la route ayant entrainé des morts ou des blessés graves, aux parents proches d’une victime décédée dans des circonstances suspectes et aux proches d’une personne disparue, dès le moment où la situation est qualifiée d’inquiétante.

“Pas une asbl d’aide psychosociale ni de conseils juridiques”

Pourquoi une telle assistance ? Un des problèmes auxquels les victimes sont confrontées touche à la recherche d’informations pratiques et compréhensibles. Ces dernières sont relatives à leurs droits et devoirs. Les victimes obtiennent des réponses sur le travail de la police, de la justice et des services d’aide. Les questions auxquelles nous sommes le plus souvent confrontés sont : où en est ma plainte ? Pourquoi la justice intervient-elle dans la mort d’un de mes proches ? rapporte Vincent Lamotte, assistant de Justice à Mons.
De tels lieux ont ouvert la justice aux citoyens. Elle est devenue plus humaine et accessible, ajoute-t-il. Fini le temps où les procédures et le jargon du métier étaient inaccessibles. Les Maisons la justice, comme la structure montoise, apportent des renseignements spécifiques sur les dossiers judiciaires. Les assistants sont présents, entre autres, lorsque les victimes et/ou leurs proches (introduites parties civiles) consultent les dossiers, assistent aux audiences publiques. Que ce soit lors du déroulement du procès ou pendant la période d’exécution de la peine pour le coupable.

Des missions variées

Etre assistant en justice implique également de mener des missions encore plus délicates. Il nous arrive d’être là au moment où des proches, dans le cas de morts suspectes, souhaitent voir les victimes avant ou après les autopsies. Notre métier est difficile mais il est important qu’une personne les accompagne au cours de ces pénibles instants, témoigne Vincent Lamote. Nous pouvons également être amenés à restituer des objets personnels à la demande du parquet, voire même accompagner des personnes dans les cours et tribunaux pour qu’elles se familiarisent avec le système judiciaire. Nous passons en revue le travail de chacun, du procureur, du juge, du jury populaire, etc. Sa collègue Christelle Paternostes ajoute : Les avocats gèrent les questions juridiques relatives aux dossiers mais ils ne répondent pas aux questions de type émotionnel.

Des citoyens en situation de demande

Les Service d’accueil des victimes du Parquet ne peuvent pas être les uniques relais d’assistance, de soutien et d’orientation. Leur intervention s’est montrée incontournable ces dernières années : par la difficulté de compréhension des informations communiquées aux victimes et par la charge émotionnelle que représentent certaines démarches pour elles.
Vincent Lamote conclut : La sensibilisation à la cause des victimes est perpétuelle. Il faut toujours être sensibles à ces dernières. La justice travaille sur des dossiers pendant des périodes récurrentes mais ponctuelles. Une victime, quant à elle, travaille sans relâche sur son dossier. Elle a donc besoin que nous nous montrions présents pour l’écouter, clarifier les difficultés et la soutenir. Mais il ne faut pas oublier un autre acteur dans l’assistance : les proches, un appui précieux.

La Maison de la justice, chaussée de Binche 101 à Mons. Rens. 065/39.50.20
Sandra Zatloukal

L’accueil des victimes : le BAV

pmpv_laccueil.jpgDeuxième article d’une série consacrée à l’accueil des victimes…

L’accueil des victimes; avant le milieu des années 90, l’offre en la matière était absente. Il a fallu des drames judiciaires pénibles pour qu’une procédure de soutien et d’aide aux victimes et leurs proches soit mise en place. Celle-ci se divise en trois volets : le service d’assistance aux victimes (aide sociale de première ligne) proposé par les zones de police,  le Service d’accueil des victimes du Parquet (aide  proposée pendant la durée de la procédure) et le Service d’aide sociale aux justiciables pour l’aide de longue durée.
Sur la zone de la police Mons-Quévy, les Responsables ont préféré conserver l’appellation “Bureau d’assistance aux victimes”. Trois personnes y travaillent: Tulay Demarcq, Sylvie et Daisy. Toutes les trois sont psychologues. Nous respectons les missions classiques de chaque SAPV mais nous avons néanmoins quelques différences, par rapport, par exemple, au travail effectué par nos collègues de la Police boraine, annonce Tulay Demarcq.
A commencer par le mode de fonctionnement. Ici, les personnes ne viennent pas d’elles-mêmes. Elles passent au préalable par les policiers : ceux-ci en réfèrent au commissaire de garde qui donne son aval. A côté des missions habituelles, deux des trois psychologues sont des personnes de confiance en matière de harcèlement moral.  Nous allons aussi bientôt mettre un plan d’action en place pour lutter contre l’alcoolisme, explique Tulay Demarcq. Avant d’ajouter : Mais la masse la plus importante de notre travail reste l’accueil de personnes victimes de violences intrafamiliales.
En 2009, 300 dossiers, au total, ont été ouverts. Cent vingt concernaient les violences intrafamiliales. Plus de soixante pourcent d’entre eux étaient relatifs à des situations de violences conjugales. Au BAV, chaque fait lié aux violences intrafamiliales est concilié dans un dossier. Nous consultons ensuite tous les documents qui ont trait à cette affaire, développe Tulay Demarcq, comme les rapports d’intervention, les antécédents, etc. et nous contactons l’agent de quartier pour qu’il fasse ensuite une visite. Une fiche est établie ; elle reprend différents codes en fonction des situations et des actions prises. Tulay poursuit : Nous prenons l’initiative directement d’aller vers les victimes. Il existe des situations qui ont été résolues dans les meilleurs délais grâce à cette procédure. Elle permet, entre autres, de récupérer des situations qui seraient peut-être passées entre les mailles du filet autrement. Et d’ainsi détecter les personnes en danger.
Femmes de cœur, sensibles à la détresse des autres, Tulay, Sylvie et Daisy avouent être découragées quand elles voient une victime de violences conjugales retourner auprès d’un conjoint violent. Nous savons néanmoins qu’à un moment, elles vont en avoir assez. Nous sommes déçues, c’est certain. D’un autre côté, cette situation est classique dans le cycle de la violence. Il faut plusieurs rechutes. Nous n’avons pas à juger pour autant.Le processus est si compliqué. Il y a tellement de facteurs qui entrent en ligne de compte.
Certaines femmes reviennent pourtant. Tulay Demarcq montre les cartes qui trônent sur son mur. L’une des personnes qui nous a envoyé un mot était très jeune quand son ami a commencé à la battre. L’école nous l’a envoyée mais elle n’a pas voulu qu’on l’aide. Elle est revenue quelques années plus tard : entretemps, elle avait eu un enfant et voyait les choses d’une autre façon. Elle ajoute : Mettre une personne à l’abri est très gratifiant pour nous.
Nous sommes souvent confrontées à des situations très pénibles. Mort subite du nourrisson, annonce d’un décès, elles sont aux premières loges quand la souffrance humaine s’invite dans les vies. Certaines fois, vous êtes face à des personnes qui viennent de perdre un proche et qui trouvent encore la force de s’inquièter pour nous. Elles nous disent : “Votre métier n’est pas facile” avant de nous remercier.
Comme leurs collègues Pascale et Melinda de la Police boraine, Tulay, Sylvie et Daisy se montrent très disponibles l’une pour l’autre. Nous sommes très solidaires et si l’une d’entre nous doit faire trop d’heures à cause du nombre de dossiers importants ou en cas de maladie, les autres sont là pour prendre le relais. De leur propre initiative. Tulay explique : La zone finance aussi une supervision mensuelle. Nous allons aussi bénéficier de supervisions d’équipe. Pour nous aussi, c’est important de vider notre sac.
Cet avantage n’est pas le seul octroyé par la zone et leur chef de corps Marc Garin. Nous avons la chance d’être incroyablement bien équipée. C’est assez rare pour être souligné, je pense.  Nous bénéficions par exemple d’un portable de service. Nous avons les moyens d’assurer nos missions. Prochain projet : Nous allons bientôt disposer d’un local propre à l’accueil des victimes.
Sandra Zatloukal

Sandra Zatloukal

L’accueil des victimes : le SAV

pmpv_laccueil.jpgPremier article d’une série consacrée à l’accueil des victimes…

L’accueil des victimes; avant le milieu des années 90, l’offre en la matière était absente. Il a fallu des drames judiciaires pénibles pour qu’une procédure de soutien et d’aide aux victimes et leurs proches soit mise en place. Celle-ci se divise en trois volets : le service d’assistance aux victimes (aide sociale de première ligne) proposé par les zones de police,  le Service d’accueil des victimes du Parquet (aide  proposée pendant la durée de la procédure) et le Service d’aide sociale aux justiciables pour l’aide de longue durée.

Sur la zone de la police boraine, les Responsables du Service d’assistance aux victimes s’appellent Pascale et Melinda. La première est criminologue. La seconde est psychologue. Les deux travailleuses sociales ont fait leur entrée dans ce service à des moments différents. Je suis ici depuis 1997, se souvient Pascale Saussez-Bavier. A l’époque, le SAV se composait d’une personne. Melinda Racaniello est arrivée quand les demandes ont afflué de partout après la réforme des polices, et la mise sur pied d’un service de garde 24h/24 et 7 jours sur 7. (Suspendu à l’heure actuelle. NDLR)
Ouvert à toutes les victimes d’une infraction ou personnes vivant une situation difficile, le SAV intervient à la demande des citoyens, des policiers ou des structures psychosociales et juridiques. Sans obligation de déposer plainte. C’est un avantage, souligne Pascale. Surtout dans le cas des violences conjugales, un grand nombre de victimes ne le font  pas parce qu’elles tiennent encore  malgré tout  à  leurs conjoints, qu’elles n’ont pas envie de leur causer des problèmes, etc. Nous conseillons de le faire, surtout quand il y a des enfants. Là, nous nous montrons encore plus attentives. Nous n’avons pas le pouvoir de forcer les personnes qui nous contactent au dépôt d’une plainte. Si nous estimons  néanmoins que la situation constitue un danger physique et/ou psychologique pour les enfants, et que la mère n’est pas mobilisable à ce sujet, nous rédigeons un rapport pour mineurs en danger ou avertissons nos collègues du service jeunesse.
Entre 150 et 200 cas sont traités chaque année. En 2010, nous savons déjà que le nombre de dossiers va exploser. Et ce, en raison de l’accident de trains  à Hal. Hormis les proches des victimes, nous avons aussi pris en charge un grand nombre de navetteurs, choqués.
Pascale et Melinda travaillent aussi à l’information, la sensibilisation et la formation des policiers sur certaines matières. Les dernières formations dispensées concernaient les violences conjugales et l’annonce d’une mauvaise nouvelle, explique Melinda. Annoncer un décès aux proches est délicat. Les personnes qui le font entrent dans une sphère très intime. Pascale Saussez-Bavier intervient: Entrer dans une maison avec une telle nouvelle revient en quelques sortes à créer le chaos.
Leur façon de concevoir leur métier? Avec beaucoup d’humanité. Cette qualité est valable pour chaque travailleur social, souligne Pascale. Il existe des personnalités davantage destinées à ce type de métier. Il faut aimer les gens, être intéressés par eux et à l’écoute de leurs histoires et de leurs vécus. Dans le cas des SAV, les personnes vivent des situations délicates. Derrière cela, il arrive qu’il y ait souvent une histoire personnelle et il faut en tenir compte. Elle poursuit : Nous aimons ce que nous faisons.  A l’inverse, je ne me sens pas capable de travailler dans l’assistance à long terme. Les situations que nous rencontrons ici sont très diversifiées. Melinda ajoute : Les contacts avec d’autres structures sont nombreux; c’est très enrichissant.
Comment évacuent-elles le stress du quotidien? Si les deux jeunes femmes peuvent bénéficier de supervisions, elles avouent se montrer très présentes l’une pour l’autre. Nous évacuons le stress entre nous et gérons les difficultés émotionnelles éventuelles ensemble. La satisfaction qu’elles retirent en aidant les victimes et leurs proches fait également beaucoup. Les personnes nous amènent leurs difficultés et nous tentons d’apporter des réponses concrètes à leurs interrogations en les écoutant et/ou en les réorientant, explique Pascale.  Sa collègue conclut : Attention, le SAV est un service d’assistance à court terme, pas de psychothérapie à long terme.
Sandra Zatloukal.

Le chef d’oeuvre de la Communauté française

laune_sem23-10_cahier1_1.JPGLa nouvelle est arrivée dans un courrier daté du 19 mai : après des mois de travail, l’asbl Patrimoine et Traditions de Messines voit ses efforts récompensés. Leur manifestation fait partie du clan fermé des chefs d’oeuvres oraux et immatériels de la Communauté française.
Dans le courrier, les Autorités mettent en avant le caractère unique de la manifestation. La Ducasse de Messines n’est pas qu’une fête foraine, elle possède, à l’image de celle du 15 août à Liège, une identité propre. A l’inverse de nombreuses autres ducasses foraines.
Pourquoi? A Messines, les organisateurs ont toujours veillé à la fabrication d’objets du folklore réalisés de façon artisanale. Un exemple: le Sôdart, mis en rapport avec l’Histoire de la cité. Les matériaux sont nobles, l’utilisation du plastique est bannie.
Le caractère unique de la manifestation s’explique par la dégustation de mets spéciaux comme “la tarte à l’querette” - ou tarte au flanc - que les organisateurs souhaitent mettre davantage à l’honneur. La Ducasse de Messines est unique parce que son marché aux fleurs, le premier du calendrier, est un évènement qui attire une grande foule chaque année.
La Ducasse de Messines est une manifestation vivante à laquelle la population et les Autorités locales participent. L’aspect identitaire est également renforcé par son ancrage dans la tradition: l’aspect religieux a été conservé. Cela n’a pourtant pas empêché les organisateurs d’innover en créant les géants. Près de vingt années que Batisse, Lalie, Biloute et Trinette arpentent le quartier de Messines grâce à Pierre Hayez, leur concepteur. Aujourd’hui, ils s’exportent très bien à l’étranger. Que ce soit sur le Vieux ou le Nouveau Continent. En 2008, les géants ont séduit les Québécois qui chantonnaient gaiement: Ell’ me l’avou toudi promis, En’ bell’ petit’ gayolle, En’ bell’ petit’ gayolle, Ell’ me l’avou toudi promis, En’ bell’ petit’ gayolle, Pu met’ ‘m canari.
Cette reconnaissance apporte un plus non négligeable pour les Responsables de l’asbl. Elle va aider à pérenniser une histoire longue de 390 ans. Quelques rêves palpables: la modernisation du Musée de Messines, l’édition d’un livre, la création d’un DVD ou l’acquisition d’un espace pour abriter les géants.
La Ducasse de Messines entre dans le jardin des grands du folklore. La fierté et la joie se mélangent à une volonté tenace de rester modeste. Avec cette reconnaissance, la tentation de remercier les chanoinesses (fondatrices de la cité), les bénévoles qui oeuvrent chaque jour pour faire vivre la ducasse, Michel Lepomme (conservatoire du folklore messinois), Jean-Pascal Vreux (parti tragiquement dans un accident de la route) est grande.
L’histoire de la Ducasse est loin d’être finie. Elle va devoir être organisée d’une façon encore plus rigoureuse et se battre pour toujours remplir les critères pour lesquels elle a été mise à l’honneur par la Communauté française. Mais elle continuera à marcher “à l’instinct”, à conserver son accessibilité et son caractère populaire.
En attendant la prochaine édition - pour fêter l’évènement -, les Responsables de Patrimoine et Traditions de Messines vont savourer cette victoire le 16 juin à Bruxelles. La Communauté française va officiellement leur remettre ce titre tant espéré.
La Chambourlette

L’éternelle jeunesse de l’art

img_1237.jpglaune_cahier1_sem10-10.jpgNouvelle date d’exposition pour le Bon Vouloir: un évènement plein de vie, de talents et de couleurs…

Le cercle Bon Vouloir présente une exposition d’exception jusqu’au 4 avril aux Anciens Abattoirs à Mons. Autour de Pat Andrea, les organisateurs ont réuni des talents de la peinture, du dessin et de la sculpture: Dario Caterina, Jan De Winter, Geneviève Van der Wielen, Frank Maieu et Cyr Frimout.
L’organisation de cette seconde manifestation a permis au Bon Vouloir d’hériter d’un nouvel espace: les Anciens Abattoirs. Le lieu est très modulable, commente Michel Jamsin, membre du cercle. Notre souhait était de réunir de grandes pièces et les Anciens Abattoirs nous permettent d’atteindre cet objectif. Il ajoute: Les oeuvres se confondent réellement dans le décor.
L’exposition s’articule autour de Pat Andrea. Par le biais d’une apparence de style classique, l’Argentin joue avec les techniques, les idées et les images et ce, toujours avec la particularité de créer une mise en scène. Les ambiances? Elles sont cruelles, érotiques, mais allégées par un humour très présent. Le peintre est à Mons les 20 et 21 mars. Une occasion unique de le rencontrer.
La belle surprise de l’exposition est sans aucun doute la présence des oeuvres de la Belge Geneviève Van der Wielen. La peintre a choisi des créations où les femmes et les filles sont à l’honneur. Les couleurs sont vives, les toiles pleines de vie - d’histoires -, et d’humour. Comme par exemple, avec la toile Le nettoyage de printemps. Les thèmes développés: la maternité, la sensualité, etc. Le spectateur se surprend même à retrouver dans les visages de ces personnages des ressemblances avec une fillette nommée Martine qui a pris de l’âge et gagné en féminité.
Pendant toute l’exposition, le visiteur passe d’une ambiance à l’autre, d’une technique à l’autre, d’une personnalité à l’autre, d’une réaction à l’autre. La preuve avec Dario Caterino qui livre des messages plus graves. Un exemple: La beauté est un langage mais à l’intérieur, il y a le silence. Le Liégeois associe aux tableaux des textes et interroge ceux qui les lisent.
Quelques jours après la  Journée internationale de la Femme, les organisateurs semblent s’être donné - involontairement - le mot pour continuer la célébration de la femme. Celle-ci devient le fil conducteur de l’exposition.
Au cours de la visite avec Michel Jamsin, une visiteuse livre son commentaire sur l’exposition. Renée Nicodème, artiste elle aussi, est séduite et le dit: Je découvre de très belles pièces. Certaines me plaisent plus, d’autres moins. J’ai été séduite par le travail de Geneviève Van der Wielen. Pour plusieurs raisons: ses chaudes tonalités, sa justesse de trait et sa façon de raconter des histoires sur une toile. Les artistes réunis ont plus de cinquante ans, ressentez-vous cela dans leurs oeuvres ? Absolument pas, répond Renée Nicodème. L’exposition dégage une ambiance très fraîche. Mais un artiste doit savoir coller à son temps au risque d’être dépassé!

Exposition du Bon vouloir aux Anciens Abattoirs de Mons jusqu’au 4/4. Access. ts les jrs de 12h à 18h sauf le lundi.
La Chambourlette

Les jeux de l’Amitiés à Saint-Ghislain

La Ville de Saint-Ghislain recherche des candidats (10 filles et 10 garçons) en vue de participer aux jeux à Christchurch en Angleterre du 12 au 16 avril 2010, pendant les vacances de Pâques. La participation à cette compétition sportive amicale est entièrement gratuite !les conditions de participation sont les suivantes : être domicilié dans l’entité de Saint-Ghislain, être âgé de 14 à 16 ans au moment du départ, savoir nager 50 mètres, être sportif en club ou non (peu importe
la discipline), s’inscrire avant le 15 février.

Renseignements et inscriptions auprès du Centre Sportif Local Intégré au 065/62.13.64

Mes enfants font des bulles

pmpv_lesenfants2.jpgimg_1195.jpgLes élèves de l’école fondamentale annexée à l’établissement scolaire Jules Bordet proposent une intéressante exposition sur le thème de la Bande dessinée jusqu’au 31 janvier inclus. A voir en l’Espace Ockeghem à Saint-Ghislain.

Après s’être intéressés à l’ours - emblème de la ville - et à Foulon, les élèves ont choisi de développer le monde de la B. Depuis juin - moment du choix du thème -, ils travaillent à réunir en un lieu des stars de la BD comme le Marsupilami, l’oiseau idiot Piou ou le blondinet Cédric. Et quand ils ne mettaient pas directement la main à la pâte, ils partaient en excursion afin de mieux s’imprégner du thème. Différents lieux ont ainsi été visités : le Musée de la BD à Bruxelles, la Maison Hergé à Louvain ou l’expo consacrée à Cédric aux Beaux-Arts de Charleroi. img_1196.jpg
En deux ou trois dimensions, les enfants ont réalisé des peintures, des dessins, des jeux, des sculptures. Toutes les techniques ont été envisagées : scrapbooking, dessin, peinture acrylique ou aquarelles, papier-mâché, etc. Les élèves ont également bénéficié de la collaboration de plusieurs artistes dont celle de Raymond Delor, céramiste.
La dimension pédagogique n’a pas été oubliée, précise le directeur de l’école Gianni Perazzo. Les deuxième années, par exemple, ont réalisé des oeuvres mettent en scène un personnage de BD, un mot ou une phrase et l’ont mis en rapport avec une onomatopée. Dans la pièce inférieure, les enfants de première année ont travaillé le thème des expressions avec le personnage Piou. D’autres ont créé des expressions sur des visages neutres qu’ils ont aussi peints.  Les élèves des classes maternelles se sont intéressés aux Schtroumpfs, poursuit le directeur. Ceux qui étaient un peu plus avancés, ont également inventé des rimes autour des personnages. Les visiteurs vont pouvoir s’amuser à les mettre en relation.
Quelques coups de cœur: les reproductions en trois dimensions du Marsupilami, du chat de Geluck et de la fusée qui a envoyé Tintin dans l’espace. img_1198.jpgLe résultat de cette exposition tient en plusieurs mots : drôle, ludique, colorée, joyeuse, intelligente, réussie. Dommage qu’elle ne soit accessible que pendant une courte période. Une autre présentation - tout aussi courte - est attendue en mai à l’occasion de la Journée Portes ouvertes de l’école. Les personnes intéressées pourront même faire l’acquisition des œuvres. pmpv_lesenfants.jpgLa priorité est néanmoins laissée aux parents de ces bambins très doués. Certaines personnes qui se réclament de la caste des artistes devraient aller y jeter un œil : ils en prendraient de la graine!

Expo sur la BD en l’Espace Ockeghem à St-Ghislain jusqu’au 31/1 access. en sem de 10h à 12h et de 13h30 à 17h et le WE de 10h à 16h. Rens. 0497/17.33.67.

La Chambourlette