Home staging : du concret

Suite du dossier sur le home staging, une technique qui gagne du terrain dans le monde immobilier. Cette semaine : un cas concret : Eléa C. Après des mois d’attente - et peu de visites -, la jeune femme est impatiente de vendre son bien. Pour y parvenir, elle fait appel aux services d’une home stager.
Magali Quenon s’est lancée dans le home staging il y a quelques mois. Formée à Paris, elle a vu le nombre de home stagers se démultiplier. Pour elle, il est devenu important d’apporter une touche personnelle au travail pour se distinguer. Equipée de ses outils (appareils photos et autres objets décos), la voilà qui frappe à la porte de sa cliente, Eléa C.
Un avis extérieur
Première étape. Magali visite les lieux et établit un diagnostic. Le service est à la carte, précise-t-elle. Les personnes qui font appel à mes services peuvent choisir la formule la plus adaptée à leur budget. A cet instant, Eléa C. peut mettre fin à la rencontre et choisir uniquement d’appliquer les suggestions apportées par Magali. La propriétaire refuse. La rencontre se poursuit : Je procède maintenant au désencombrement des pièces, détaille la home stager. Prendre une photo avec des pièces qui ne sont pas rangées ne met pas le bien à son avantage. Dans le cas d’Eléa, l’étape est courte : la maison est bien tenue.
Tout doit disparaître
Etape suivante : la dépersonnalisation des lieux. Le visiteur doit projeter sa vie dans l’habitation, et non devenir le spectateur de celles des anciens locataires, indique la jeune femme. Avant de retirer certains objets (décoratifs ou vestiges des fêtes de fin d’année), portraits de famille, les vases, elle annonce à Eléa: Nous allons travailler autour de deux nuances: le rose et le gris. Elle déplace ensuite la table basse: La circulation des visiteurs doit être simplifiée. Avant de développer: Dans certaines maisons, je dois complètement revoir l’agencement des meubles, et même leur destination La salle à manger devient le salon ou inversement. Les détails qui tuent: les têtes de cerf ou les portraits trop dénudés et les rideaux trop fleuris. A enlever, à enlever! plaisante la home stager.
Entrer dans la lumière
Ma prochaine action est d’obtenir la meilleure harmonisation des lieux en redisposant des objets, en ajoutant quelques touches de couleurs par-ci, par-là et surtout, de mettre en évidence les atouts parfois oubliés de la maison. Dans le cas d’Eléa, Magali joue la très grande simplicité. Pas besoin d’en faire trop mais elle est à la recherche d’une chose : De la lumière, il faut plus de lumière.
Pour cela, elle ouvre les tentures et toutes les lumières. Prenant même le soin d’allumer quelques chauffe-plats pour apporter une ambiance intimiste et chaleureuse aux pièces. Il faut jouer le côté séduction et idéalement provoquer le coup de cœur des visiteurs.
Elle complète ses explications : Parfois, il est judicieux de repeindre des murs aux tons vifs et/ou foncés au profit de couleurs neutres. Il est surprenant de redécouvrir ainsi des pièces agrandies, plus lumineuses. Il est indispensable de procéder aux petites réparations. Un robinet qui fuit et il est fréquent de voir les visiteurs prendre la fuite.
Une fois les pièces illuminées, Magali procède aux photos qui vont donner envie aux acquéreurs potentiels de passer l’étape de la découverte sur support papier ou numérique et d’aller voir, en personne et sur place, la magie d’une habitation.
Avant de repartir, Eléa est conquise: La rencontre s’est bien passée, je redécouvre mon bien. A tel point que dans les jours qui ont suivi, coup de théâtre: Eléa a changé d’avis. Elle rappelle Magali et lui annonce satisfaite : Je garde ma maison, elle est trop belle !
Sandra Zatloukal
Site Internet: http://www.switch-home.be
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