Tiens, les socialos, ils deviennent quoi ?
- J’essaie de comprendre la stratégie d’opposition du PS. Dans un premier temps de cette législature, ils montent au créneau sur tout, absolument tout. Un bouton qui manque à l’inventaire ? Laloux sort sa calculette. Une école a son préau qui fuit ? Chenoy tape sur la table. Une porte anti-incendie doit être placée dans les kots ? Dupuis casse la baraque. Ce n’était plus de la politique, c’était de la guerilla urbaine. Puis les camarades se sont calmés. Ils ont testé diverses configurations internes, pour s’arrêter à une formule qu’on pourrait résumer à « Laloux est notre chef de groupe mais cela ne veut pas dire qu’il est notre leader ». Un jour, on étudiera leur cas dans les écoles de management (ou de psychiatrie).
Et puis il y a leur communication. La dernière fois qu’ils ont fait une conférence de presse, en… avril dernier, elle a été annulée le jour-même. Dommage, car cela avait l’air drôle, ça s’intitulait « Semaine de l’aménagement abominable ». Motif de l’annulation : « un agenda très chargé des membres du groupe PS ». Authentique. Leur agenda est tellement chargé, aux socialistes, qu’ils n’ont plus le temps de communiquer, dis donc. En réalité, ils avaient eu du mal, semble-t-il, à se mettre d’accord sur le nombre d’intervenants.
Aussi étais-je drôlement impatient de découvrir leur nouveau morceau de bravoure. Il s’agit en l’occurrence d’une conférence de presse, qui a eu lieu la semaine dernière, à propos du projet d’aménagement de la place de l’Ange. « Ah, ah… ! » me suis-je dit. Avec une guerre de retard (l’avant-projet est passé au conseil en septembre), le PS s’est rendu compte que c’était vendeur, la place de l’Ange. La Maison des Seniors a fait du chambard avec une pétition en disant que c’était mal étudié pour les petits vieux : succès médiatique énorme. « Pourquoi pas nous ? » ont pensé les socialistes. Ils avaient trouvé leur cheval de bataille ! L’équivalent du torpillage du Grognon en 2004 ! On allait voir ce qu’on allait voir ! Ben on a vu.
Autant le dire tout de suite : je n’y étais pas, à leur conférence de presse. Mais la scène décrite par mon collègue Guillaume Barkhuysen valait son pesant de cacahuètes: les socialistes sont venus à huit, dont deux ex-bourgmestres, pour dire quoi ? Que ça manquait… d’études sur l’éclairage et de réflexion sur l’impact écologique (oui, écologique, t’as bien lu). A la place, ils ont proposé un nouveau concept : le « piétonnier modulable ». Pourquoi pas ? Et c’est quoi un « piétonnier modulable » ? C’est un piétonnier qui est piétonnier à certains moments, mais à d’autres non. T’as intérêt à bien retenir les horaires quand tu fais une course, c’est moi qui te le dis. Les huit socialistes avaient bien préparé leur dossier : leur document de présentation faisait une page A4. A voix haute, ça se lit en 93 secondes. Après lecture du truc et développements mineurs, ils se sont dispersés. (Ce n’est plus une conférence de presse, c’est un flash mob !)
J’ai une suggestion pour les socialistes : la prochaine fois, pourquoi ne pas aller encore plus loin ? Vous enchaîner nus et silencieux à la grille de l’Hôtel de Ville ?
Ma phrase de la semaine
« On ne demande pas à un chien de garde d’être sympathique » (Edwy Plenel, ex-rédacteur en chef du Monde)
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