LES GENTILS ET LES MECHANTS

entete-billetdl.jpg Souvent on me dit : « Pourquoi vous êtes si méchant dans vos articles ? » Mes confrères d’autres médias ont une théorie à ce sujet : il paraît que je cherche à compenser un complexe d’infériorité dû, si j’ai tout compris, à la petite taille de mon… journal. C’est une théorie comme une autre : je n’ai pas d’avis particulier là-dessus. Mais je peux aussi être gentil, et cette semaine je voudrais évoquer la prestation pleine de fougue de la nouvelle conseillère communale PS Gwénaëlle Grovonius. Hormis le fait qu’elle a un nom à coucher dehors, elle est capable d’émerger au sein du premier parti namurois. Lundi dernier, au conseil, elle a joliment tenu tête à Maxime Prévot sur des questions de piscines communales et de carrelages à remplacer. Elle était plutôt à côté de la plaque, si j’en juge par les éléments échangés, mais j’ai apprécié sa combativité. Le bourgmestre aussi, qui a élégamment salué la performance. Réponse de l’intéressée : « Merci mais j’aurais préféré que l’opposition ait le dernier mot. » Pleine d’aplomb, la petite ! Le bourgmestre : « Au fait, peut-être que vous ne le savez pas mais vous devez me demander la parole avant de parler : je suppose que ce réflexe viendra avec le temps. » Grovonius : « ça m’étonnerait ! » J’ai aimé cette espièglerie. Pas le bourgmestre : « Madame, ces mots ne vous grandissent pas. » Je serais tenté de dire : tant mieux ! Qu’elle ne grandisse pas, surtout.

Sinon j’ai l’impression que le PS inaugure aussi une nouvelle stratégie : après le PS méchant, voici le PS gentil. Bernard Anselme, un des multiples patrons de l’écurie rouge, a dit devant le conseil que la majorité pouvait compter sur le PS pour faire avancer les dossiers et régner la concorde. Ce n’est pas la première fois que j’entends ce discours, mais c’était empreint d’une telle conviction qu’est venue des rangs du Collège la question que tout le monde se posait : « Pourquoi, ce n’était pas le cas avant ? » - « Pas toujours, admettons-le. » Il est temps en effet de tenter une nouvelle approche : la tripartite CDH-Ecolo-MR ne s’entend pas toujours bien (mais personne ne peut s’entendre avec Ecolo), mais elle est bien décidée à refaire un tour en 2012 : c’est le seul moyen pour Ecolo d’aller jusqu’au bout de son programme, et pour le CDH de garder le mayorat (le programme étant secondaire). Le MR, par contre, joue sur du velours : on aura toujours besoin à Namur d’un petit parti qui sait se tenir à sa place quelle que soit la coalition. (J’espère que je n’ai oublié personne ?)

Claude Eerdekens (PS) a fait fort dans La Meuse. Il s’est institué « antidote à la langue de bois wallonne » : « Si je ne posais pas mes questions impertinentes au Gouvernement, personne ne le ferait : les députés wallons sont incroyablement dociles. Ce sont des courtisans. » Bing, prends ça dans la cafetière.

Ma phrase préférée cette semaine : « Ils font l’amour le samedi, les gentils, ils font ça n’importe quand, les méchants » (Michel Fugain)

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One Response to “LES GENTILS ET LES MECHANTS”

  1. “Madame, ces mots ne vous grandissent pas”

    ça fait pas un peu ridicule ces accents grandiloquents pour causer de quelques carrelages cassés au fond d’une piscine ?

    “les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent”

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