Allez vous faire foutre avec l’éthique !

entete-billetdl.jpgL’autre jour Richard Fournaux a comme on dit pété un cable face caméra. Alors que le journaliste lui demandait si « éthiquement » (admirez l’invention d’un nouveau mot), il n’eut pas mieux valu faire un pas de côté, Fournaux lui a balancé : « Mais allez vous faire foutre avec l’éthique ! » J’admire Fournaux pour cette répartie. Vraiment. C’est simple, guère brillant, même pas brillant du tout, mais alors d’une vérité remarquable. Lire la suite

Le grand retour du transversal

entete-billetdl.jpg     On peut faire dire aux mots à peu près n’importe quoi. Prenez le mot « transversalité », à peu près synonyme de « bonne gouvernance » et de « nouvelle culture politique ». La transversalité, ça veut dire qu’on arrête, en politique, de travailler chacun dans son coin et chacun pour soi. Cela veut dire qu’il y a une vision générale et transversale de toutes les matières : social, finances, sports, urbanisme, environnement, etc. Cela, c’est pour les mots. Car dans les faits, la transversalité, dans une ville-modèle comme Namur, c’est le meilleur moyen d’énerver ton voisin en s’occupant pas de tes oignons. Des exemples ? A foison ! Lire la suite

MERVEILLEUSEMENT CON

entete-billetdl.jpgLa semaine passée, j’évoquais le « nouveau logo de la Ville de Namur » dévoilé par Jacques Etienne. Eh bien je me suis gouré. Ce n’est pas le nouveau logo de la Ville de Namur, mais bien le nouveau logo de Namur Capitale. C’est à cette occasion que j’ai découvert la co-existence de deux logos officiels à Namur : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Il y a d’une part le logo de « Namur Capitale de la Région wallonne » : contrairement à ce que tu pourrais penser, ce n’est pas le logo de Namur Capitale mais celui de la Ville de Namur. D’autre part, il y a le logo « Namur Capitale » : juste « Capitale », pas « de la Région wallonne » : ça c’est le logo de Namur en tant que capitale wallonne, même si on ne le précise pas. C’est merveilleusement con. Lire la suite

Le cœur des Wallons

entete-billetdl.jpg      Jacques Etienne a présenté la semaine dernière le nouveau logo de la Ville de Namur. Ce logo, moderne et chaleureux, est flanqué d’un sorte de slogan : « Le cœur des Wallons ». Il remplace le logo des années Close qui représentait un Beffroi stylisé avec l’inscription « Namur Capitale de la Région wallonne ». Je le dis comme je le pense : pas mal. Bien joué même. D’une part, ça rajeunit l’image de Namur, d’autre part, ça rappelle aux députés wallons que Namur ne les snobe pas (enfin pas tant que ça). Il y a un autre avantage collatéral pour Jacques Etienne : il marque symboliquement Namur de son empreinte, et par la même occasion fait passer le logo de Jean-Louis Close aux oubliettes. Lire la suite

La culture du non-débat

entete-billetdl.jpg    Début des années 2000, si tu te souviens bien, le politique avait remis au goût du jour le concept de « culture du débat ». Au départ outil dialectique propre aux communistes français, la culture du débat connaissait donc sa version belge, qu’on peut résumer en : culture de celui qui poussait la plus grosse gueulante. Après les gouvernements Dehaene marqués par les conclaves discrets, cette « culture du débat » fleurissait tout à coup dans les médias : le moindre désaccord idéologique au sein de la coalition pétait à la Une des journaux. Ils disaient :  on ne s’engueule pas, on discute, et on se marrait.
Véritable laboratoire de la politique à la petite semaine, toujours à la pointe en matière de provincialo-conformisme, Namur est en train d’expérimenter une nouvelle figure de rhétorique politique : la culture du non-débat. En gros : plus c’est énorme, plus on ferme sa gueule. Tu veux un exemple ? J’ai.
Voici les faits : la semaine passée, le secrétaire politique du MR namurois, le dénommé Jacques Dal, vient me trouver. Il me dit : « Namur manque d’un projet politique. » Il ajoute : « A Namur, c’est le projet de carrière qui prime sur le projet politique. » Il conclut : « Le problème, c’est que chacun reste dans son petit coin et qu’il n’y a pas de vision globale. » Pour faire bonne mesure, je lui demande si les partis au pouvoir ont respecté le deal avec l’électeur de promouvoir l’éthique et la bonne gouvernance. Réponse : « Pour moi, non. » Au cas où tu n’aurais pas suivi mes 74 éditos précédents, je te rappelle, aussi surprenant que cela paraisse, que la majorité communale à Namur est composée du CDH, d’Ecolo… et du MR.
L’interview passe dans La Meuse. Cela occasionne des rumeurs et des fureurs, qui me reviennent comme assourdis par quelque brume marine (rappelons que le fameux trois-mâts vogue sur tous les flots). Je veux en avoir le cœur net : j’appelle Anne Barzin, échevine MR la plus haute en grade. « Je n’ai pas de commentaire, désolée. » J’appelle Jacques Etienne (et apprécie au passage qu’il me prenne toujours au téléphone malgré mes billets incendiaires) qui me dit : « Je comprends que tu veuilles faire mousser cet interview mais franchement il ne s’est rien passé. » Un commentaire sur les propos du mec ? « Non. »
Alors je raccroche, je ponds un premier édito qui paraît le lendemain dans La Meuse. Et puis trois jours plus tard, me voilà, chez moi, à réfléchir avec mon meilleur cigare. Avec le recul d’un dimanche alangui et de sombres ruminations sur mes propres faiblesses, j’ai envie de juger mes amis les politiques avec un peu de bonhomie, voire de nonchalance. Mais je tousse : j’y parviens pas ! Voilà un type, Jacques Dal, qui dit tout haut ce que certains pensent tout bas. Il dit que cette coalition est un échec, voire un leurre. Et il est même pas dans l’opposition, mais membre d’un parti de la coalition. Et tout ça pour quoi ? Rien. Silence. Les chiens aboient, la caravane passe. Tiens, ça sonnerait bien pour votre prochain slogan de campagne ! Lire la suite

Les gros z’ont qu’à payer

entete-billetdl.jpg     Ce qui se passe, ou plutôt ne se passe pas, au port du Bon Dieu est hallucinant. Petit résumé des épisodes précédents : en 2007, en début de législature, le trio Etienne-Barzin-Gavroy se positionne en faveur d’un déménagement du parlement wallon au port du Bon Dieu, idée lancée par Bernard Anselme après l’échec du projet Botta (comme quoi c’est dans les vieilles casseroles…) Eliminer le chancre du port du Bon Dieu était présenté comme une priorité de la majorité.
Je me souviens être allé interroger passants et députés aux abords du Saint-Gilles un jour de session parlementaire. Stupéfaction des passants sur l’air de « Quoi, ils n’ont pas encore compris ? » et de « Mais qui va payer ? » et enfin de « Les gros, z’ont qu’à payer de leur poche ». De l’autre côté, étonnement des députés sur l’air de « C’est vrai qu’on est à l’étroit mais on ne va pas se plaindre », et de « On a d’autres priorités que construire un nouveau parlement ». Va sur YouTube, tape « port du Bon Dieu » et tu visionneras un condensé des réactions de la rue et des « gros » que j’avais filmés à l’époque.
Ce micro-trottoir avait eu un certain impact : Arnaud Gavroy m’avait indiqué peu après qu’il fallait tenir compte de l’opinion publique et que donc, oui, il abandonnait l’idée. Puis, comme rien ne se passait, c’est un promoteur privé, Atenor, qui a pris la main au Bon Dieu avec son concept de « redensification de la ville » : rachat discret et à prix d’or des parcelles les plus importantes, projet de 33.000 mètres carrés d’appartements tout le long du halage entre le pont de chemin de fer et le rond-point de la plaine Saint-Nicolas. Fureur des riverains, communication exécrable de l’échevin a priori favorable (même le Collège n’était pas au courant), le tout sur fond de gros sous. Tout dernièrement enfin, je t’en ai parlé, Atenor annonçait que sa demande de permis de bâtir était prête. Lire la suite

Cher Wilfried Martens

entete-billetdl.jpgCher Wilfried Martens, je sais que vous êtes fort occupé mais vos talents d’informateur-négociateur-explorateur seraient très appréciés dans la capitale wallonne. La situation politique est en effet un peu particulière. Sachez tout d’abord que la coalition en place est composée du CDH, d’Ecolo et du MR. L’opposition est représentée par le PS et une conseillère indépendante.
-     A Namur, lorsque des grands projets urbanistiques sont poussés par la majorité, il n’arrive jamais que l’opposition organise des contre-réunions de consultation de la population. En revanche, le MR et le CDH le font. Ce fut le cas sur le schéma directeur d’Erpent, ce fut à nouveau le cas sur le plan de mobilité de Jambes. C’est un peu comme si Milquet organisait une réunion publique d’information-consultation sur un projet de Reynders, si vous voulez. Vous voyez mieux le problème ? Lorsque Tanguy Auspert et Maxime Prévot, deux échevins CDH, ont invité récemment les Jambois à discuter du plan de mobilité dans le dos de l’échevine Ecolo Patricia Grandchamps, c’est comme s’ils lui disaient : « Tes groupes de réflexion et ta méthodologie participative, on s’en tamponne ma grande. »
-      A présent, accrochez-vous car c’est ici que ça se complique, c’est ici que les petites spécificités qui font le charme de Namur vont apparaître. Normalement, le leader d’Ecolo, le 1er échevin Arnaud Gavroy, aurait dû s’émouvoir de ce coup de Jarnac du CDH, il aurait dû défendre son échevine. Eh bien non. A la place, il a choisi d’en enfoncer une autre, l’échevine Anne De Gand. Il vient d’expliquer complaisamment à la presse avoir recadré cette échevine parce qu’elle manquait un peu de tonus, de peps. C’est ce que l’opposition PS disait mais personne n’y faisait attention : maintenant c’est officiel, selon Ecolo, l’échevine De Gand est une grosse nulle. C’est comme si Reynders disait de la ministre MR Sabine Laruelle qu’elle était le maillon faible du gouvernement. Cela nous plonge, Namurois, dans des abymes de perplexité. Que devons-nous penser ? Vous connaissez sans doute mieux que nous le fonctionnement interne d’Ecolo : la fessée publique fait-elle partie des outils d’animation mis à la disposition des groupes locaux ?
-      Ce n’est pas tout : si vous acceptez de venir nous donner un coup de main à l’occasion, Cher Wilfried Martens, vous rencontrerez immanquablement notre bourgmestre, le CDH Jacques Etienne. Vous ne vous apercevrez pas tout de suite qu’il est bourgmestre, alors autant vous avertir tout de suite qu’il s’agit d’un capitaine qui a un gros problème avec la réalité : quand son équipage se bat sur le pont, il regarde l’horizon et chante « Hisse et haut ». Vous allez voir, ça surprend au début mais après on s’y fait. Lire la suite

Tiens, les socialos, ils deviennent quoi ?

entete-billetdl.jpg- J’essaie de comprendre la stratégie d’opposition du PS. Dans un premier temps de cette législature, ils montent au créneau sur tout, absolument tout. Un bouton qui manque à l’inventaire ? Laloux sort sa calculette. Une école a son préau qui fuit ? Chenoy tape sur la table. Une porte anti-incendie doit être placée dans les kots ? Dupuis casse la baraque. Ce n’était plus de la politique, c’était de la guerilla urbaine. Puis les camarades se sont calmés. Ils ont testé diverses configurations internes, pour s’arrêter à une formule qu’on pourrait résumer à « Laloux est notre chef de groupe mais cela ne veut pas dire qu’il est notre leader ». Un jour, on étudiera leur cas dans les écoles de management (ou de psychiatrie). Lire la suite

Supplique pour un hammam public à Namur

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Connards de riverains

entete-billetdl.jpgAtenor est ce promoteur qui, comme Goldorak, est venu du ciel pour « rendre du sens à la ville » (je cite sa pub). Comment ? En rasant les batiments du port du Bon Dieu, là où Collot a tenu boutique pendant vingt ans, là où c’est moche. Cela dit, dans le tas, il n’y a pas que des hangars, il y a aussi un fleuriste, des gens qui habitent et même une maison de caractère. Atenor ne comprend pas que ces connards soient si attachés à leurs briques pourries. Son boss me l’a dit un jour en interview : « Nous rachetons à bon prix leurs maisons qui sont si mal situées, à côté d’une chaussée et d’un pont de chemin de fer : ils veulent juste faire monter les enchères. » Lire la suite