Bruxellois de l’année 2011: les frères Borlée! Vidéo de la soirée


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Eglises désacralisées: guerre des religions ou les marchands au temple?

Héritage culturel et religieux des Bruxellois, les églises sont nombreuses dans la Capitale. Elles ne font guère le plein, c’est certain; leur fréquentation est en baisse depuis des dizaines d’années. Mais le patrimoine existe, et son entretien, forcément, coûte. La question de sa reconversion se pose. Sainte-Catherine a fermé ses portes le 31 décembre. Définitivement.
Le débat n’est pas neuf, il est seulement plus tumultueux depuis quelque temps. Parmi les invités de l’émission «Et Dieu dans tout ça?» (Rtbf), en décembre dernier, le Doyen de Bruxelles, Claude Castiau, a indiqué la position officielle des autorités ecclésiastiques:  le civisme fiscal.  Ce sont tous les contribuables, athées compris, qui supportent les frais des bâtiments chrétiens, alors que les lieux de culte, pour les autres religions reconnues, manquent. En clair, les églises, subsidiées par les impôts, se vident alors les mosquées se remplissent. Et se développeront toujours plus. Selon Félice Basseto, sociologue UCL, les musulmans bruxellois représentent  en effet un quart de la population de la capitale. Pour le Doyen, cette situation injuste risque dans le futur d’engendrer «des réactions frustrées, voire fanatiques». Sans parler des Maisons du Peuple, éternelle parentes pauvres, comme le rappelait  Freddy Thielemans, (PS).
Il faut donc que les églises s’adaptent à la réalité, s’ouvrent, se transforment. Pour le bourgmestre de Bruxelles-Ville, leur réorganisation en plates-formes multicultuelles, en  lieux ouverts aux autres cultes, poserait cependant problème, ne fût-ce qu’au point de vue des représentations iconographiques: les cathos adorent, les protestant pas, les israélites encore moins, alors que les  musulmans, en matière d’image, sont «les plus rabiques». Il faut trouver autre chose.
Et Sainte-Catherine, dans tout ça?
Autre chose, donc. Comme une halle aux fruits et légumes dans Sainte-Catherine. Un marché couvert à la française, au cœur de la Capitale, dans un site bruxellois emblématique et touristique, c’est tentant. Même si le quartier Vismet-Dansaert est malheureusement déjà fort congestionné. «Il est essentiel de conserver le patrimoine d’un passé même abandonné», poursuivait le bourgmestre. Ce marché couvert lui rendrait sa gloire et sa convivialité d’origine puisque, à d’autres époques, les marchands se retrouvaient déjà dans les églises pour y réaliser leurs affaires, et il y rassemblerait du monde. Une chapelle pourrait même y être conservée. C’est ça, ou à terme, «au pire», la démolition. Les derniers jours de décembre, de nombreux visiteurs sont venus jeter un dernier regard, prendre une dernière photo du lieu où ils s’étaient mariés, où l’enterrement de leurs parents avait été célébré, où leurs enfants ont été baptisés. Cette année, ou il y a 60, 70, 80 ans…
Un élément de l’histoire actuelle de Bruxelles
Construite dans la deuxième partie du XIXe siècle sur les plans de Joseph Poelaert, l’église remplace un bâtiment du XIVe siècle, dont il ne reste, au bord de la place, que le clocher baroque; et qui remplaçait déjà une chapelle du XIIe siècle. D’architecture «moindre», au goût du bourgmestre, «et à deux pas de la très belle église du Béguinage», Sainte-Catherine manquerait de paroissiens réguliers «alors que le Béguinage pleure pour en avoir». Certes. Une centaine de chrétiens lors des offices, 350 orthodoxes roumains, en moyenne: la communauté existe. Sans compter les passants qui s’y arrêtent, nombreux, en journée: touristes, Bruxellois, Belges. Le temps d’une pause, ou d’une visite. «Le style de fréquentation des lieux a changé,  mais ils restent fréquentés», confirme Pierre Hargot, «citoyen et chrétien» qui, avec d’autres, a lancé l’association les Amis de Sainte-Catherine lors de l’annonce de la désacralisation de l’église.
Un simple troc commercial?
Les autorités ecclésiastiques ont décidé de remembrer les églises. Sainte-Catherine a donc fermé ses portes le 31 décembre – dans le secret et la précipitation pour  les opposants. La halle, si halle il y a un jour – et à quel prix? – ne devrait pourtant pas voir le jour avant plusieurs années. «Le processus irréversible est engagé», soulignait le Doyen Castiau. Il n’est dès lors pas question de laisser planer la moindre incertitude. Les paroissiens sont priés de se recentrer sur les Riches Claires (et non le Béguinage…). Les Riches Claires  - 350 m2 - rénovées entièrement par la Ville en échange de bâtiments paroissiaux dans lesquels seront construits des logements sociaux. Imparable. D’autant que ces Riches Claires, déficitaires, selon Yvan Nobels, président de la fabrique d’église de Sainte-Catherine, présentent un grand découvert avec la Ville. «Alors que notre église ne lui coûte rien». Mais elle est située dans un site stratégique: il vaut son pesant d’or. Et son poids en image politique et sociale. 350 m2 - les Riches Claires, déficitaires, pour une paroisse remembrée – contre 1.500 à 2.000 m2: Sainte-Catherine. La mariée est  belle.
Une alternative aux oubliettes
Personne ne conteste que la taille de l’église soit totalement inadaptée à la réalité. La fabrique d’église, qui gère l’aspect matériel du fonctionnement de l’église, menait d’ailleurs un travail de fond depuis 4 ans, pour construire un projet de réaffectation viable. «Trois travées auraient été conservées pour les cultes», explique Yvan Nobels. «C’était bien assez. Le reste aurait été démoli pour faire place à du logement, de l’action sociale et une grande salle multiculturelle, pour des mariages, des expositions…». Mais en 3 mois, sans concertation avec le terrain, tout était plié et balayé entre la Ville et les autorités ecclésiastiques bruxelloises. «Autoritarisme, manque d’information, de concertation et de transparence». «Pourquoi fermer le 31 décembre, alors que les orthodoxes, résidents de l’église, célèbrent leurs fêtes jusqu’au 7 janvier!» Sans relogement, elles se pousuivent en plein air, sous les échafaudages.
40 églises se cherchent une nouvelle vocation
Et des investisseurs,  malgré la crise. Ils ne se pressent pas au portillon. La désacralisation partielle de l’église de la Sainte-Famille d’Helmet, à Schaerbeek, n’a fait l’objet d’aucune levée de boucliers. Une partie du bâtiment sera réservée au culte, pour 250 personnes, tandis que la plus grande partie de l’espace devrait – idéalement – être transformée en halle commerciale et évènementielle.
Reconversion aussi pour l’église Saint-Hubert, à Watermael-Boitsfort, immense, et récente, mais non classée. C’est donc à la commune qu’il incombe de restaurer le plus haut clocher bruxellois. Hors de prix. L’édifice se partagera entre culte et logements privés, dans ce clocher et la nef. L’ancienne église de Gésu, à Saint-Josse, sera quant à elle intégrée dans le futur complexe hôtelier de luxe qui devrait être construit à la place de l’ancien couvent jésuite. Elle deviendrait un lieu culturel, complémentaire du Botanique voisin. D’après les Amis de Sainte-Catherine, 40 églises bruxelloises seraient dans le collimateur. Comme le Béguinage, l’église Saint-François-Xavier à Anderlecht ou Saint-Albert et Sainte-Thérèse à Schaerbeek
Ça coûte. Mais qui paie?
Le contribuable, principalement. L’impact financier des églises est différent suivant qu’elles sont classées ou non. Classées, leur rénovation éventuelle est financée à 80% par la Région et 20% par les communes. Beliris, (Etat-Région), l’institution qui subsidie l’image et le rôle de Bruxelles en tant que capitale, peut prendre à sa charge la restauration de bâtiments emblématiques: église Saint-Boniface à Ixelles (2,5 millions euros), église Saint-Jean-Baptiste à Molenbeek (1,7 million), basilique de Koekelberg (1 million), église Notre-Dame de Laeken (6 millions). Les communes interviennent également pour soutenir le fonctionnement des églises situées sur leur territoire, quand la fabrique d’église n’arrive pas à présenter un budget en équilibre. Cela n’est pas le cas à Sainte-Catherine, dont le budget présente un excédent de 20.000 €. «Le subside de fonctionnement alloué par la Ville aux églises est de 155.000 € sur un budget ordinaire 2011 de 657,5 millions», précise Pierre Hargot. «Cela représente..?0,02%».
Anne GILAIN Lire la suite

Contrôle des chaudières: «La moitié devrait être remplacée»

marcel-analyse.jpgLa nouvelle « réglementation chauffage PEB » rend obligatoire l'entretien périodique des chaudières. Nous avons suivi des techniciens agréés dans le nettoyage et le contrôle des appareils de chauffage. Ceux-ci croisent parfois des machines dans un sale état. Pourtant, des chaudières bien entretenues sont bénéfiques pour le portefeuille et l’environnement.
En matière d’énergie, la nouvelle «réglementation chauffage PEB» (Performance Energétique des Bâtiments) impose la réception par un professionnel agréé des nouveaux systèmes de chauffage, ainsi que le contrôle et l’entretien périodiques des chaudières. Nous avons suivi des professionnels agréés dans leur travail de nettoyage et de vérification d’une installation de chauffage située dans un immeuble de l’avenue de Hinnisdael, à Woluwe-Saint-Pierre. Des hommes, vu la demande, qui sont occupés du matin au soir. «Je n’ai jamais eu besoin de faire de pub», affirme Christian Modave, chauffagiste travaillant sur Bruxelles. «Moi, je prends deux techniciens pour ce travail. Francis démonte, aspire et nettoie la chaudière, puis il part directement vers une autre habitation. Ensuite, Marcel analyse la combustion et le rendement. Ce dernier est lié au CO2 et aux températures enregistrées. Si c’est bien nettoyé, les températures de gaz sont de 180° ou 200°. Si c’est très sale, on est entre 250 et 300°. Pour un particulier, le prix d’un entretien tourne autour de 200 €. Cela comprend les nettoyages de la chaudière et de la cheminée, l’entretien du brûleur, le nettoyage du filtre à mazout, le remplacement du gicleur, le test de combustion et la remise d’un certificat de conformité».
«5 à 10% d’économie»
Pour bien faire, les vérifications doivent se réaliser chaque année pour les chaudières au mazout, et tous les trois ans pour les chaudières au gaz. Apparemment, beaucoup de propriétaires, à qui s’adresse l’obligation, ne suivent pas les directives. «On trouve des machines dont on a l’impression qu’elles n’ont plus été entretenues depuis 10 ans. Encore pire, on se demande si en 20 ou 30 ans, les conduits de cheminées ont été nettoyés. Nous ressortons des sacs de suie parfois. Or, 1 millimètre de suie sur les parois peut faire redescendre les rendements de 5%. Pour moi, sur Bruxelles, la moitié des chaudières devrait être remplacée». Le hic, c’est le gros coût que cela engendre pour les propriétaires. «Un changement de chaudière, c’est pour 15 ou 20 ans. Pour un particulier, j’estime ce coût à 5.000 ou 6.000€ mais dans d’autres cas, ça peut être beaucoup plus».
Au final, les entretiens réguliers sont bénéfiques aussi bien pour le portefeuille que pour l’environnement. En milieu urbain, le chauffage des bâtiments représente environ 70% du total des émissions de gaz à effet de serre. A Bruxelles-Environnement, on estime que «la mise en œuvre de cette nouvelle réglementation peut engendrer une diminution de 6% des émissions de CO2 liées aux bâtiments bruxellois».
Côté économie, en ces temps où le coût de l’énergie grimpe, la diminution de la facture due à un bon entretien des chaudières ne semble pas négligeable. «Cela permettrait d’économiser entre 5 et 10% sur la facture énergétique», conclut Ismaël Daoud, du cabinet de la ministre bruxelloise de l’Energie Evelyne Huytebroeck. Lire la suite

Votez pour le Bruxellois de l’Année 2011

Vlan vous propose d’élire le Bruxellois de l’année. C’est vous qui choisissez de récompenser une personne, une entreprise ou une association dans chacune des cinq catégories (politique, société, économie, culture et sport). Cinq nommés sont soumis à vos suffrages dans chaque catégorie. De plus, toutes catégories confondues, vous êtes appelés à élire le «Bruxellois de l’année 2011»: un homme, une femme ou une association qui, selon vous, mérite ce titre unique. Ni une compétition ni un sondage scientifique, cette élection vise surtout à mettre en valeur des femmes, des hommes qui, dans leur domaine et par leur action, ont contribué au rayonnement de la Région de Bruxelles-Capitale. Ces Bruxellois ont tous, à leur manière, participé à l’essor de la Région. L’important pour les 25 nommés est de savoir que le prix qu’ils pourront recevoir leur sera attribué par les Bruxelloises et les Bruxellois. Lire la suite

Charles Picqué: «La perte de la police de proximité est un drame!»

picque3.jpgLe Ministre-président Charles Picqué analyse, point par point, les acquis pour Bruxelles issus du train de réformes conclues entre les formations politiques formant le nouveau gouvernement fédéral dirigé par le Premier ministre Elio Di Rupo. Bruxelles ne gagne pas que des sous: la Région reçoit davantage de compétences (tant du fédéral que des communes) que Charles Picqué compte bien mettre à profit pour répondre au problème de l’insécurité notamment dans les transports en commun! Lire la suite

La princesse Claire: « Laissez mon mari tranquille!»

laurent.jpgLe prince Laurent venait inaugurer les  containers  que sa fondation met à la disposition des SDF de la Gare Centrale et de leurs chiens.  La presse était au rendez-vous. Mais pas vraiment pour les SDF. Lancé l’an dernier, l’accueil des  sans-abri avec leur animal de compagnie s’est concrétisé cet hiver, rue des Sols, entre le Mont des Arts et la Gare Centrale. Le projet - unique  en Belgique -  s’inscrit dans la ligne de l’aide d’urgence déployée par la Fondation en faveur des plus démunis, avec ses dispensaires vétérinaires. Mais 16 SDF et leur chien, même sympas, ne font pas le poids médiatique face à un prince de Belgique, pour le moins souvent maladroit, harcelé par la presse.
Laurent, comme prévu,  a eu du mal à faire entendre son message: tout le monde, évidemment, attendait ses réactions suite au reportage que la RTBF lui a consacré récemment (qui dépeint un prince avare et violent avec les femmes). «Je n’ai qu’une réponse à donner: le plus important pour moi est de pouvoir me regarder dans la glace le soir», précise le prince en flamand. Punt aan de lijn.
Cela ne suffit pas. La princesse Claire, excédée et les larmes aux yeux, prend alors le micro pour mettre un terme aux questions. «Cela suffit ! Laissez mon mari tranquille. Toutes ces insinuations sont fausses. Et vous oubliez qu’il y a 3 enfants qui en souffrent!». Pas sûr que cela calme les esprits.  «Le nombre de journalistes flamands qui se sont déplacés est révélateur», constate un observateur. «Depuis des mois, nous assistons à des manœuvres de déstabilisation de la monarchie, surtout venant du nord du pays». Lire la suite

Que pensez-vous de Google Street View?

En quelques clics, il est désormais possible de visiter virtuellement Bruxelles, pratiquement de fond en comble. Google a lancé, officiellement, l’application «Street View» qui permet de visionner les rues avec une très grande précision. Peu d’endroits échappent aux yeux indiscrets à 360 degrés de Google!
La Belgique est désormais le 31e pays à bénéficier de cette technologie de Google. Habitants, touristes, tous peuvent se promener, virtuellement, à travers les rues de Bruxelles, zoomer sur les sites touristiques tels que la Grand’Place ou Manneken-Pis pour visionner des photos, se promener dans les… tunnels, longer le canal ou se promener, incognito,… dans la rue d’Aerschot. Les carrés des prostitués ont été, en effet, également photographiés, mais les visages des dames ont été floutés (tout comme ceux des passants).
C’est quoi?
Cette technologie, lancée en mai 2007, se sert d’images capturées par une voiture équipée de caméras circulant dans la ville. Google se charge d’assembler les vues pour donner un sentiment de continuité. L’application a aussi suscité des critiques notamment quant au respect de la vie privée. Les lieux montrés en Belgique sont obligatoirement publics, les visages et plaques d’immatriculation sont floutés.
Pour accéder à Street View, il suffit de se rendre sur Google Map et de sélectionner l’option street view. Lire la suite

Un automobiliste: «Je fais le plein à 60 euros au lieu de 50 l’an dernier!»

Ces dernières semaines, le prix du diesel vole de record en record pour dépasser 1,5 € par litre. Le seuil est historique et symbolique. Chez certains Bruxellois, on commence à se montrer préoccupé par ces hausses successives, sans non plus changer d’habitudes ou de style de vie. Pas encore?
Vous en avez marre de voir la facture s’envoler chaque fois que vous faites le plein? Vous risquez de maugréer quelque temps. Ces dernières semaines, le prix du diesel ne cesse de grimper et a franchi la barre symbolique et historique de 1,5€ par litre. Quant aux autres carburants, on tourne autour de 1,6€. A Bruxelles comme ailleurs, la pilule est dure à avaler. «Là, je fais le plein en diesel pour 60€», déclare Cédric Baeys, 19 ans, de Laeken. «Mais il y a un an et demi, j’en avais pour moins de 50€. On sent quand même bien la différence». Une différence due aux soubresauts des marchés financiers et aux taxes appliquées en Belgique. Cela fait réfléchir certains, mais sans plus, comme on a pu le constater à la pompe de l’avenue du Lambermont à Schaerbeek. «C’est une des moins chères du coin? C’est un coup de chance. Quand je suis sur l’autoroute, je regarde un peu où m’arrêter, mais ce n’est pas toujours facile quand on est sur la réserve. Pour cette station, j’y viens de temps en temps, car c’est le chemin pour rentrer chez moi».
«Près de chez moi»
Même son de cloche pour Véronique Grosjean, de Schaerbeek. «Je viens souvent ici, mais c’est parce que c’est à proximité de chez moi. La moitié du temps, je roule à vélo ou je prends les transports en commun. Je n’ai pas attendu la hausse des prix des dernières années pour faire ça». D’autres ont davantage de raisons de s’arrêter à une pompe précise. «C’est vrai que je regarde», explique Stéphane, de Laeken. «Je m’arrête ici dans le sens où plus loin, les stations Texaco et Esso sont beaucoup plus chères. Cela dit, pour quelques cents, je ne vais pas traverser la ville non plus». Mais quelques cents gagnés par litre, vu la situation actuelle, personne ne crachera dessus.
Gaëtan ISTAT Lire la suite

Anne, mère célibataire: «On mange du riz à la fin du mois…»

anne.jpgAnne, 50 ans, est mère célibataire depuis 5 ans. Autant d’années de combat. Cette salariée touche un revenu de 1900 euros et ne s’en sort pourtant pas. En cause, un système qui ne lui accorderait aucune faveur, selon elle.
«C’est parce que j’en avais assez de voir uniquement des chômeurs être reçus sur le plateau de Controverse, l’émission de RTL-TVI, que j’ai décidé de faire part de ma situation»,
explique Anne, mère de trois enfants.  «Il existe beaucoup de personnes qui travaillent mais qui n’arrivent pas à s’en sortir. Je suis employée, je touche un salaire de 1900 euros par mois, pourtant, mes fins de mois sont toujours une source d’angoisse».
«Je ne peux pas abandonner mes enfants!»
Avec trois enfants âgés de 7, 21 et 24 ans, Anne a beaucoup de difficultés à vivre avec son salaire uniquement. Les dépenses sont lourdes et ses enfants sont dépendants d’elle financièrement. «Mon fils est travailleur indépendant. J’ai été incapable de lui payer des études et de ce fait, il a dû faire un prêt jeune d’un montant de 5.700 euros», confie la mère célibataire. «Aujourd’hui, il doit rembourser ce prêt et, avec 700 euros de cotisations sociales à payer par trimestre, il lui est simplement impossible de prendre un appartement ou de subvenir à ses besoins. Ce n’est vraiment pas drôle pour lui.?En tant que mère je ne peux pas l’abandonner. Ma fille de 21 ans, est étudiante à l’ULB en première année de droit, mais avec mon salaire, il est impossible pour elle de bénéficier d’une bourse.?J’ai donc dû débourser près de 900 euros pour le minerval; à cela s’ajoutent les frais de syllabus et autres».
Des fins de mois compliquées
Autant de frais qui s’accumulent aux charges habituelles. «J’ai la chance d’avoir acheté un bien immobilier il y a de cela 20 ans, je paye 380 euros par mois pour cet achat, ce qui est relativement peu. Ensuite, 110 euros de frais de gaz et électricité, 150 euros tous les deux mois pour  la télé, le téléphone et internet, un luxe dont je ne peux me passer car ma fille en a besoin pour ses cours tout comme je dois rester joignable pour mon travail. Les frais de mon automobile, dont je me passerais mais comme il m’arrive de travailler en soirée après minuit, je suis obligée d’avoir une voiture pour rentrer chez moi. J’ai également souscrit à une assurance-vie, car en étant mère seule, s’il m’arrive quelque chose, je veux être sûre que mes enfants s’en sortent. Des frais importants, les fins de mois sont très compliquées».
«10 euros par jour»
Anne et sa famille sont donc obligés de se serrer la ceinture, et de se priver. «Le chauffage est constamment sur 17 degrés, sinon ce ne serait pas possible autrement. Certains mois, il m’arrive de n’avoir plus que 10 euros pour tenir alors que nous sommes quatre. On mange simplement du riz, et rien que cela, pas de viande, pas de légumes, ni de fruits… De même, personne ne peut prendre de douche. Nous avons la chance de pouvoir avoir accès à une salle de sport gratuitement chacun et c’est là que nous pouvons prendre une douche… De même, aucun restaurant par mois, c’est beaucoup trop cher, tout comme le cinéma. Le seul petit plaisir que je m’offre avec ma petite dernière, c’est l’association Loupiote qui organise des séances de cinéma à 2,50 euros un samedi sur deux.?C’est vraiment une bouffée d’air et cela nous aide à sortir d’une routine parfois très pesante».
«Fière de ma maman»
Après son passage à Controverse, Anne a reçu de nombreuses réactions. «J’expose mon intimité et cela a des répercussions sur ma famille, mais dans certains pays comme la Syrie, les personnes se battent et perdent leur vie pour la démocratie. Nous avons la chance de pouvoir vivre dans une démocratie, de pouvoir parler et de faire part de notre situation.?C’est un acte citoyen, je suis passée outre mon trac et j’ai exposé mon intimité, parce que ça peut aider certaines personnes», insiste Anne.
«Seul mon frère était au courant de son passage à la télé et il a très bien réagi. Pour ma part, je suis très fière d’elle et je suis vraiment d’accord avec ce qu’elle dit. C’est vrai que ce n’est pas tous les jours facile, mais on fait avec», conclut la fille d’Anne.
Halima BENHADDOU Lire la suite

SAINT-JOSSE: Les fraudeurs paient 150 à 200 euros par mois pour se procurer une fausse adresse!

1.150 adresses individuelles fictives rayées depuis le 1er avril 2011; 1.350, en principe à la fin de l’année: l’administration communale et la police ont mis le turbo pour nettoyer une situation de fait qui durait depuis trop longtemps. La loi est la loi: l’inscription sur les registres communaux, et tous les droits qui en découlent – allocations familiales, chômage, Cpas, et autres mutuelles, est subordonnée à la résidence réelle à l’adresse indiquée. C’est toute la problématique de la fraude sociale qui apparaît. Contrôles!
«Toutes les adresses fictives décelées ne sont pas frauduleuses. Mais il y en a», explique l’échevin de l’Etat civil et de la Population, Eric Jassin. Et c’est toujours trop, évidemment. Parmi ces fausses «adresses légales», on recense des propriétaires qui n’habitent pas dans leur maison, et surtout des nombreux illégaux régularisés – la régulation supposait une adresse de référence. Ceux qui étaient hébergés par une personne dépendant de l’aide sociale ou du chômage ne pouvaient se faire domicilier avec  celle-ci sous peine de lui faire perdre son statut de personne isolée, et donc le taux préférentiel des allocations! Il fallait alors une adresse de circonstance, à laquelle les désormais régularisés ont négligé de renoncer une fois la procédure terminée. «Il y a aussi des adresses frauduleuses, des boîtes aux lettres louées de 150 à 200 € par mois, destinées à  permettre de recueillir l’une ou l’autre allocation (chômage, Cpas), ouvrir l’un ou l’autre droit. Une rente pour des propriétaires indélicats! Un immeuble de la rue Marie-Thérèse comptait 80 domiciliations. Aujourd’hui, il en reste deux… ».
Détecter les marchands de sommeil, même flics!
«Le Collège des Bourgmestre et Echevins a fait de la lutte contre les marchands de sommeil une priorité», explique Eric Jassin. Pendant 3 ans, des réunions vont s’enchaîner entre les services concernés pour définir un mode d’action: le service communal de la Population, le Bureau administratif des Etrangers, celui des Européens, mais aussi le service Urbanisme, la police, le service public fédéral de l’Intérieur et l’Office des Etrangers. C’est ainsi que, depuis avril dernier, des processus de vérification ont pu être mis sur pied. Il n’est plus possible d’être domicilié à Saint-Josse, et d’y toucher des allocations, tout en habitant à l’étranger, par exemple…
Deux logiques peuvent apparemment s’affronter. Louer, même des logements insalubres,  pour donner un toit  - et des droits - à des gens, qui autrement n’en auraient pas. Quitte à violer la loi. Ou rester dans la légalité. «En tant que mandataires, en tant que fonctionnaires, nous devons faire respecter la loi», tranche Eric Jassin. Même si cela ne leur crée pas que des amis! «Le marchand de sommeil réunit différentes conditions: l’insalubrité, des locataires illégaux, et la volonté de profiter de la situation. L’administration a réalisé un travail énorme. Si les agents  communaux et la police n’avaient pas été convaincus de la nécessité d’agir dans la transparence, je n‘aurais rien pu faire!».
C’est dire si le scandale du 103 de la rue de la Limite est mal tombé : 3 policiers de la zone («mais d’Evere!»), copropriétaires d’une maison, soupçonnés d’être des marchands de sommeil, pour avoir loué des logements insalubres, ou du moins pas encore restaurés. Ça fait mauvais genre…
36 personnes à une même adresse
Désormais, la personne qui souhaite se domicilier dans la commune doit présenter un contrat de bail: un document, pas nécessairement enregistré, qui permet d’identifier le propriétaire, contient un descriptif du logement (nombre de pièces etc.), et les signatures du propriétaire et du locataire. «Lors de la demande  de domiciliation, l’agent de la Population vérifie l’historique du logement: il peut ainsi savoir déjà combien de personnes y sont inscrites. Et si leur nombre est compatible avec sa surface», affirme l’échevin.
Sur  base du bail, l’enquête  habituelle, mais approfondie, menée par la police, permettra de vérifier la résidence et l’état de l’appartement. 36 personnes à la même adresse, 6 matelas par terre dans une pièce…: ce sont des choses que l’on a vues !  «Si nécessaire, le service de l’Urbanisme sera contacté pour vérifier si le logement n’est pas inscrit sur la liste des immeubles insalubres». Ou s’il répond aux conditions légales d’habitabilité: il n’est plus question de permettre la location de caves ou de mouchoirs de poche  aménagés pour rentabiliser le moindre cm2…  Tensions à la clé.
«Des courriers ont été envoyés pour demander aux propriétaires de mettre leurs biens en conformité. Nombre d’entre eux ont fait le nécessaire; tous n’ont pas apprécié !» reconnaît Eric Jassin. «C’est une matière très sensible !».
Les chiffres de la population se stabilisent
Avec ce grand nettoyage des registres, et le bouche-à-oreille qui s’ensuit!, la population tennoodoise n’a pas cessé de croître, mais son augmentation, exponentielle auparavant, s’est stabilisée. «Entre le 31 décembre 2007 et le 31 décembre 2010, la population est passée de 24.963 à 27.361 habitants inscrits sur les registres communaux. Au 30 septembre 2011, on en comptait 27.595», cite l’échevin.?La hausse s’est normalisée. «1.150 radiations individuelles ne correspondent  pas à 1.150 expulsions! Sur les 1.150 radiations  effectives que nous avons déjà effectuées, nous n’avons eu que 4 recours: 4 annulations…».
Anne GILAIN Lire la suite