Bilan mitigé de 15 ans de contrats de prévention
Cela fait 15 ans qu’à travers des contrats de prévention et de sécurité, des sommes considérables sont déboursées en faveur des communes afin de «pacifier» les quartiers sensibles. Un chiffre montre toute l’ampleur des efforts consentis: la Région bruxelloise a injecté plus de 146,8 millions euros (près de 6 milliards de francs) depuis 1997 dans ces politiques de prévention. C’est dans la foulée des émeutes de Forest et de Saint-Gilles, en 1991, que le gouvernement fédéral a lancé ces contrats auxquels ont adhéré les communes bruxelloises. 15 ans plus tard, quel bilan faut-il tirer de ces contrats, à la lumière des… récentes émeutes d’Anderlecht? N’ont-elles pas montré les carences ou les limites de ces politiques de prévention?
«Autant en 1991, les émeutes de Forest étaient spontanées, autant celles d’Anderlecht ont été organisées à travers des blogs Internet, des SMS qui ont circulé, une mobilisation de jeunes qui sont venus de partout», analyse Charles Picqué. «Aujourd’hui, nous devons également faire face à des affrontements ethniques. Il est difficile d’évaluer nos politiques de prévention. Non seulement parce que la prévention de l’insécurité est, par nature, difficile à quantifier. Mais aussi parce que l’impact bénéfique de la prévention ne peut jamais se mesurer à travers des statistiques criminelles. Cet impact permet, pourtant, jour après jour, de recréer du lien social et d’enrayer les risques de débordement. La question n’est donc pas: les politiques de prévention sont-elles efficaces? Car elles le sont indéniablement. Mais plutôt: que serait Bruxelles sans le déploiement de toutes ces politiques? Je sais combien la tentation est grande, à chaque fois que des phénomènes de violence se produisent, de dire que la prévention, ça ne marche pas. Même si ces événements nous heurtent de plein fouet et nous révoltent, même s’ils nous obligent à adapter sans cesse et dans l’urgence nos réponses sur le terrain, l’efficacité des politiques de prévention est réelle, elle n’est plus à démontrer mais à renforcer constamment». Foi de Charles Picqué.
Observer les délinquants
Le ministre-président met donc le paquet: 20 millions euros, pour l’année 2008, sont consacrés à financer ces politiques de prévention. A quoi il faut encore ajouter 5 millions s prévus par le plan sécurité (créé dans la foulée du meurtre de Joe Van Hoolsbeeck en 2006 à la Gare centrale) qui vise à sécuriser les transports publics. Ces sommes permettent de mettre à l’emploi près de 600 personnes: des éducateurs de rue, des animateurs, des gardiens de parc, des stewards, etc. «Ce sont des nouveaux métiers de la ville», assure Charles Picqué. «Il faut pérenniser ces métiers».
Afin de stabiliser le statut du personnel, les plans ne seront plus annuels mais étalés sur quatre ans. Parmi les idées lancées, on trouve la création d’un observatoire bruxellois de la criminalité. Sa mission sera notamment d’établir le profilage des acteurs de phénomènes de violence urbaine.
rien a dire!